24.03.2007
Les recherches
- Le 1er mars 2007 : Guilhem et Loïc sont portés disparus
- Le 3 mars 2007 : début des recherches. Les 3 équipes de secours formées de
militaires et gendarmes démarrent les recherches en suivant l’itinéraire
présumé des randonneurs, entre Grand saut Canori et Saül.
La première équipe est formée de spécialistes de la progression en forêt
vierge (commando de recherche et d’action en jungle), d’un médecin militaire
et de deux gendarmes officiers de police judicaire.
Les deux autres équipes sont composées de gendarmes également entraînés pour
évoluer en forêt vierge. Elles ont été héliportées aux extrémités du
parcours supposé de deux randonneurs pour entamer les recherches.
- Le 6 mars 2007 une quatrième équipe, composée d’une dizaine de légionnaires,
vient renforcer le dispositif. Ils sont partis d’un lieu situé aux
deux-tiers du parcours présumé de la randonnée.
- Le 12 mars 2007 le dispositif se renforce, les recherches sont élargies
au sud du parcours supposé.
D’autres services de l’état sont associés au dispositif : Office National
des Forêts, Office National de la chasse et de la Faune sauvage, Direction
régionale de l’Industrie, de la recherche et de l’environnement.
- Le 15 mars ouverture d'une procédure pour disparition inquiétante par le Parquet de Cayenne.
- Le 20 mars 2007 : Les recherches se poursuivent, le long de l'Aproague, sur le trajet présumé et dans les alentours de Saül.
- Le 23 mars 2007 la préfecture de Guyane annonce un allègement significatif du dispositif de recherche à partir de lundi 26 mars. Les militaires vont cesser leurs recherches en forêt, seule une dizaine de gendarmes va poursuivre les recherches aux alentours de Saül.
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Commentaires
Je pense beaucoup à cette terrible mésaventure et je suis tous les jours à la recherche de nouvelles infos. J'adresse tous mes encouragements aux familles de Ghuilhem et Loïc pour qui la situation est cauchemardesque. Il faut garder espoir malgré tout... Ils semblent être expérimentés, ils sont 2, ils vont s'en sortir...
Fanny, courage!!! Je t'embrasse très fort.
En attendant de bonnes nouvelles très prochainement.
Agnès
Ecrit par : Agnès MORETTI | 26.03.2007
une collègue vient de me transmettre l'aventure de ces deux jeunes hommes et leur disparition... je voyage beaucoup moi aussi et suis sensible aux aléas des parcours qui jonchent un voyage.. je souhaite du courage à leur famille... mais je pose la question ...en lisant le compte rendu des recherches je ne trouve pas l'indication de traces de quoi que ce soit trouvées ici ou là....aucune trace de ces deux hommes , de leurs affaires? aucun indice????
merci à Agnès Moretti pour les infos futures recueillies... mary
Ecrit par : bidalun | 26.03.2007
Je connais bien Guilhem avec qui j'ai travaillé à Montpellier, il me parlait souvent de ses expéditions, notamment celle en Inde.C'est sa passion et il a une grande expérience dans ce domaine. Ce n'est pas possible! Ils vont s'en sortir. J'adresse mon soutien à leurs familles respectives.
Ecrit par : Cluzel Gérard | 26.03.2007
Ils ont dormi chez moi à Paris juste avant de partir.
Ils étaient bien équipés, on a bien discuté et ils étaient conscients des risques, je suis optimiste !
Il en faut beaucoup pour les arrêter ces 2 là !
Ecrit par : victor | 26.03.2007
Pourquoi ne cherchent-ils pas du coté des orpailleurs clandestins qui n'aiment pas qu'on les dérange....
c'est quand meme bien bizarre qu'on est pas retrouvé des traces de "camping" ,de stationnement ou meme de leur passage à certains endroits,on laisse toujours des traces ,meme sans le vouloir.
Ecrit par : caro | 27.03.2007
J'ai travaillé 22 ans à l'Office National des Forêts dont 9 en Guyane sur 20 ans passés dans ce département et pense bien connaitre cette forêt. Les commentaires auxquels je me livrerai ci-dessous se veulent pragmatiques.
Une chose est certaine : Perdus depuis plusieurs semaines, ils n'ont pas fait de sur-place pendant tout ce temps.
Je ne vois pas d'arme dans le listing de matériel. Cette absence constitue à mon avis une erreur. On ne part pas pour 100 kilomètres de jungle guyanaise sans être armé. Les mauvaises rencontres peuvent aussi n'avoir que deux pattes et une arme a toujours des vertus dissuasives.
Je ne vois pas non plus dans ce listing, un petit kit de pêche permettant une survie "facile".
Pas de trace non plus de produits traitant les échauffements. Humidité + transpiration + frottement des vêtements = échauffements douloureux au niveau de l'aine. J'ose espéré que leur expérience leur aura fait éviter les vêtements et sous-vêtements en Nylon.
Parcourir une distance de 100 kilomètres en seulement douze jours me parait utopique. Généralement, on table sur une moyenne journalière de 4 à 5 kilomètres seulement. Cette distance est encore révisable à la baisse en fonction des reliefs, de la densité de végétation et surtout de la condition physique.
Découlant de l'observation ci-dessus, 12 jours de nourriture sont nettement insuffisants.
L'absence de traces ne me surprend pas outre mesure. C'est justement dans les zones de forêt primaire, souvent très claires qu'il n'est pas nécessaire de sabrer à tout va. La progression y est aisée mais c'est aussi là que le risque de se perdre est le plus important.
Si on élimine l'hypothèse de l'agression sauvage, il resterait à envisager :
1) Chute d'un arbre sur le bivouac.
2) Accident, blessure de l'un d'eux.
3) Perte pure et simple avec ou sans un des deux hommes physiquement diminué par une blessure.
4) Trajet réellement effectué inférieur au prévisionnel.
5) Modification du parcours suite à évènement imprévu.
Plusieurs inconnues demeurent :
Le niveau de cohésion du binôme.
La connaissance de techniques élémentaires de survie.
Mars est le début de pic de fructification en forêt guyanaise. Les graines peuvent s'avérer un apport précieux de nourriture. Quel est le niveau de connaissance botanique des deux randonneurs en la matière ?
Le potentiel psychique. Ce point est des plus importants. Le moral peut baisser rapidement en cas d'égarement. Si la panique s'installe elle détruit la cohésion de groupe, annihile ses capacités de raisonnement et le conduit à sa perte.
Je ne pense pas que la question de la nourriture constitue un problème. De tous les milieux naturels prétendus hostiles, la forêt amazonienne est un de ceux offrant le plus de potentiel en la matière. Il est possible de capturer de petits poissons à l'aide d'une machette. En mars, les tortues et les serpents bougent beaucoup et les rencontres ne sont donc pas rares.
Le problème est donc ailleurs.
Mes hypothèses :
Au bout de douze jours de progression, ils n'ont parcouru qu'un peu plus de la moitié de la distance et sont à court de vivres. Ils sont fatigués et dans les environs de Saül.
Pour une raison quelconque, ils ont modifié le parcours original, suivi une crique. S'ils sont en bonne forme physique, ils ressortiront sur un fleuve quelconque, tout dépendant du bassin versant sur lequel ils étaient situés au moment de la prise de décision.
La résistance humaine est souvent surprenante. Je crois qu'il faut conserver espoir qu'ils s'en sortent par eux-mêmes ou alors fassent une rencontre heureuse et salvatrice.
Ecrit par : DEPLANQUE | 27.03.2007
Bonjour,
Le but de ce mail n'est pas d'être alarmiste mais d'apporter un peu plus d'informations aux intervenants précédents par rapport à la forêt amazonienne. La liste d'équipements présentée dans ce blog montre le manque de recul ou d'expérience des 2 hommes par rapport aux risques présentés par la forêt guyanaise. Il est totalement inconcevable (pour moi) de faire un trip comme le leur (très difficile) sans emporter un GPS fonctionnant sous couvert végétal. Ici, c'est toujours la course au GPS performant puisque tous les GPS ne conviennent pas du fait de la densité de la forêt. Les 80 kms à vol d'oiseau peuvent être parcourus en 12 jours comme ils l'avaient prévu mais il est totalement impossible de tracer droit dans cette forêt même avec un GPS. Des zones sont d'accès très difficiles (type 'bambouseraie', gros chablis, pinotières...) et doivent être contournées afin de ne pas y laisser toute ses forces à élaguer. C'est là que le GPS permet de retrouver la bonne direction sinon il faut connaître les techniques d'orientation en forêt (légion...) ce qui n'était certainement pas leur cas. Compter seulement sur une boussole et une carte me paraît léger voire présomptueux. Le moindre angle pris fait éviter Saül facilement sur 80 kms qui deviennent très rapidement 120 km avec l'évitement nécessaire d'obstacles. Autre chose, concernant l'évolution en forêt, il convient généralement de marquer son passage (traces sur les arbres et bris de branches et arbrisseaux) afin de pouvoir faire facilement chemin retour en cas de coup dur : méconnaissance ou trop grand amour des arbres ?
Ensuite, lorsqu'on est novice ou pas d'ailleurs, il paraît réconfortant de louer un telephone satellite qui permet de joindre des secours en cas d'accident divers ne permettant pas de pouvoir continuer à progresser mais cela n'est pas partagé par tout le monde puisque le but est souvent de se retrouver seul, libre, indépendant, au milieu de la nature et le téléphone reste un lien avec la civilisation. De plus, cela reste cher.
La trousse à pharmacie est également un peu juste. Tout le monde atrappe très facilement des mycoses en forêt du fait de l'humidité omniprésente. Les vêtements ne sèchent jamais d'un jour à l'autre et les chaussures sont mouillées constamment d'où le développement très rapide de champignons qui font des coupures douloureuses entre les orteils. Pour lutter contre cela, il convient au minimum de se nettoyer les pieds tous les soirs, de les sécher au maximum près du feu et d'y appliquer des poudres ou pommades type mycoster ou autre.
J'ai également compris qu'ils étaient parti avec une carte pas très précise (celle de la Guyane ?) et là aussi en se renseignant, il est toujours possible de se trouver des cartes beaucoup plus précises sur les différentes zones de la Guyane.
Ce qui m'étonne par rapport aux recherches, c'est que les gendarmes n'aient pas trouvé de traces de feu avec les moyens mis en oeuvre de détection de chaleur. Il semblerait qu'ils n'aient pas fait de feu ce qui paraît être pourtant un réflexe évident lorsqu'on est en détresse. Ont-ils perdu leurs briquets... ?
Même si je rejoins leur vision concernant la chasse, il est par contre souvent nécessaire de posséder une bonne ligne d'acier et un gros hameçon qui permettent de pouvoir pêcher l'aïmara (gros poisson carnassier) sans être un grand pêcheur et d'agrémenter le quotidien très difficile et oppressant en forêt.
Voilà, je m'arrêterai là... pour ne pas inquiéter les familles. Les risques, il y en a. Pas toujours ceux qu'on croit mais tout aussi dangereux puique le risque principal reste la chute d'arbre.
D'autres guyanais ne partagent peut être pas la même vision ou expérience. Quoiqu'il en soit, je suis de tout coeur avec vous et essaie de partager votre optimisme même si, ici, nous n'y croyons plus trop. Peut-être auronts-ils pris l'option de suivre une petite crique qui doucement les sortira de l'enfer vert ?
Amicalement.
Ecrit par : Phigu | 27.03.2007
Tout-à-fait d'accord avec l'intervention précédente surtout sur l'aspect de la préparation, de l'équipement quelque peu sommaires et sauf sur le point des distances parcourues. La région est terriblement accidentée. Il s'agit d'un relief en peau d'orange, une succession de collines avec parfois des ravins très profonds dont les franchissements à répétition se révèle harassants. Une perte d'énergie considérable s'en suit avec son corolaire la fatigue.
L'absence de feu apparait comme un élément inquiétant, portant à croire en un accident survenu peu de temps après leur départ.
Pour les lignes à aïmara, il faut les escher et pour ce faire, il faut une arme.
Pour ce qui est des malheureux parents, il y a hélas bien longtemps qu'ils doivent avoir dépassé le stade de l'inquiétude. Le devoir des intervenants, au-delà de la compassion et de la sympathie devant leur être témoigné doit aussi être de faire preuve de réalisme.
Une promenade en harmonie avec la nature, le manque d'informations, l'angoisse, se perdre en hypothèses... Il est rageant d'être en proie à l'impuissance, totalement désarmé face à une telle situation.
Pourtant, parmi le grand nombre de personnes se perdant en forêt guyanaise, beaucoup s'en sortent au bout de quelques jours, deux semaines, parfois trois.
A mon humble avis, les chances d'un heureux dénouement se font chaque jour plus minces mais restent encore possibles.
Ecrit par : DEPLANQUE | 27.03.2007
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